LES HOMMES SANS EPAULES 

... >...>...>...DERNIERES NOUVELLES :... >...>...>...       REVUE : HSE N°25 - premier semestre 2008 - Extrait de l'édito.... Sommaire....>...>...>     EVENEMENTS :  Bientôt des informations sur l'Atelier d'Ecriture en Résidence à l'Abbaye de Floreffe - 4ème édition - Juillet 2008 (rubriques Actualité ou Evènements)  ...>...>...>          ARRÊTER    REPRENDRE     

HSE 25

(premier semestre 2008)

ENTRE CRI ET SILENCE !


Extrait de l’éditorial par C. Dauphin


que le plus sûr crachat soit mon offrande
R.-A. Rivière

Roger-Arnould Rivière n’avait pas trente ans quand il disparut. Il n’avait publié, à deux cents exemplaires - dont 10 exemplaires nominatifs, avec deux dessins de Cricor Garabétian – qu’une seule plaquette de son vivant, Masques pour une Ordalie (éd. Paragraphes, juin 1953), dont le premier projet comportait deux fois plus de poèmes et portait le titre de « Entre cri et silence ». C’est à propos de Masques pour une Ordalie qu’André Breton a écrit: « Du premier au dernier ces poèmes sont admirables ». Dense, fluide, poignant et imagé, le lyrisme de Roger-Arnould Rivière traduit le mal de vivre avec une force et une lucidité inédites : Apôtre de la déchirure –émiettant dieu parmi le grain –dans un grand crissement –de pouce tellurique. »

Breton fut l’un des seuls à saluer Roger-Arnould Rivière, un poète qui a été totalement ignoré de son vivant. Alors, faut-il reprocher aux critiques qui reçurent son livre en 1953 de ne pas en avoir aussitôt reconnu la force somptueuse et tragique, à la fois ? Justice lui sera rendue dix ans plus tard. C’est en 1963 que, grâce au poète lyonnais Raymond Busquet (1926-1979), Guy Chambelland devait éditer les Poésies complètes de Rivière. Busquet donnera également une belle étude sur le poète de Tarare, son ami, dans l’anthologie de Pierre Seghers, les Poètes maudits d’aujourd’hui (éd. Seghers) : « Rivière pratiquait la poésie comme une ascèse masochiste. La création est vraiment pour le poète la blessure originelle. » Ce n’est pas rien. Malgré tout, peu de chose subsiste de ce poète au lyrisme noir, vénéneux et merveilleux. Les poèmes de celui qui a écrit : Je sais que la détonation contient le même volume sonore que les battements de cœur qui bâtissent toute une vie, sont aujourd’hui introuvables. Il était plus que temps d’y remédier. Ce fut le choix des HSE et du poète Michel Passelergue, qui a déjà écrit dans la revue, ainsi que sur Rivière. Sachons au moins, aujourd’hui, reconnaître la place de Roger-Arnould Rivière parmi les poètes de notre temps, car il ne suffit pas d’écrire et de publier des poèmes ou de la prose découpée en vers, pour se prétendre poète. Il y en a beaucoup trop qui confondent l’homme de lettres avec l’homme de l’être, la versification et la création, la gratuité verbale et la poésie, la langue bétonnée et l’aura, l’objet langagier et le poème, l’huile et la mèche, l’extériorité et l’intériorité, le marteau et l’enclume, le cliché et la métaphore, le folklore et le fatum humain, l’avant-garde et l’arrière-garde. Pour tout dire, l’être et le paraître. Le poète a, avant tout, un devoir de regard, mais pas d’écriture. La poésie est un vivre et non un dire, comme le rappelle le poète belge Ernest Delève, dans son poème que nous ne pouvions pas rater vu son titre, « Nous les porteurs de feu », et que nous publions dans ce numéro. Certains empilent les poèmes sans parvenir pour autant à être des poètes, contrairement à d’autres, qui n’en écrivant pas, le sont pourtant davantage(...)





Appuyez sur la touche  (début - home) de votre clavier pour revenir en haut de page.

Textes © 2004 - 2005 - 2006 HSE - Conception et Photos © 2004 - 2005 - 2006 LGR et JMR