LES HOMMES SANS EPAULES 

... >...>...>...DERNIERES NOUVELLES :... >...>...>...       Azur des poètes : 19 mai , décès de Jacques TAURAND     ... >...>...>...REVUE : HSE N°25 - premier semestre 2008 - Extrait de l'édito.... Sommaire....>...>...>     EVENEMENTS :  Atelier d'Ecriture en Résidence à l'Abbaye de Floreffe - 4ème édition - Juillet 2008 (rubriques Actualité ou Evènements)  ...>...>...> EXPOSITION & SIGNATURE : Madeleine NOVARINA...>...>...>...>...>...>         ARRÊTER    REPRENDRE     

HSE 17-18

LE POETE A ABATTU
LES QUATRE MURS DE SA MAISON


Editorial par C. Dauphin (Extraits)


Le poète à venir surmontera l’idée déprimante du divorce irréparable de l’action et du rêve.

André Breton



Ce numéro 17 / 18 des HSE est dédié à la mémoire d’Henri Rode, de Jean Rousselot et de Marc Patin.

Notre numéro s’ouvre sur la disparition de deux êtres chers. Henri Rode et Jean Rousselot ont publié leurs derniers textes dans notre revue (HSE n°16), avant de rejoindre l’azur. Nous perdons deux aînés, deux amis proches et deux sentinelles majeures de notre temps ; deux poètes qui ont traversé le XXème siècle, sans rien en ignorer, et dont les œuvres respectives se dressent devant nous comme deux ponts menant au troisième millénaire.

Notre numéro double (la matière dont nous disposions sur le sujet l’imposait) est consacré au surréalisme, à nos aînés et frères voyants, au défi à l’abstraction, à la plongée dans le concret, au pouvoir insurrectionnel, au rapport étroit de l’être avec la chair. A lire certains propos récents (…) nous sommes loin d’en avoir fini avec ce mouvement.(…) Pièce de musée pour les uns, outil de combat pour les autres, le surréalisme n’est pas une école, mais un projet de vie.(...) Il élabore une méthode permettant de réaliser le projet de Rimbaud : Changer la vie ! En premier lieu, changer l’homme, accroché médiocrement aux rochers de sa logique. En lui, s’étendent de vastes océans inexplorés à sillonner d’urgence, comme le rêve ou l’inconscient, les territoires de l’imaginaire. Le surréalisme n’est pas la quête d’un paradis supraterrestre mais une explosion de la sensibilité dans " l’ici et maintenant ". Un seul principe : la liberté de l’être sensible.(…)

Les règles de l’ancienne métrique n’ayant plus de valeurs " tyranniques ", il appartenait désormais à chaque poète d’inventer sa propre forme et de savoir suivre sa pente. Ainsi, la poésie moderne put se libérer du conformisme formel. (…) Elle se mit à déborder de la simple activité littéraire et intellectuelle pour envahir l’espace même de la vie.

La première partie du XX°siècle fut très certainement la période la plus inventive, la plus constructive, la plus révolutionnaire de toute l’histoire de la poésie française. On comprendra d’autant plus aisément pourquoi le surréalisme, cette apologie de la liberté totale de l’être, fut combattu par toutes les forces de l’hypocrisie et du mensonge. (..)

Après sa disparition en tant que mouvement organisé (1969), le surréalisme ne laisse pas un vide béant tant il a fécondé le chant poétique. De toutes parts, surgirent des poètes qui en reprirent l’acquis pour le prolonger, alors que d’autres allaient s’engager dans les brèches ouvertes entre autres, par le lettrisme, la poésie sonore ou la poésie minimaliste ou philosophique. Car, la poésie peut revêtir de nombreux visages, explorer de nombreuses voies : puiser dans la tradition, la continuité, s’avancer vers l’exploration, la recherche de laboratoire, provoquer la rupture. Les mouvements, les écoles sont une chose mais n’excluent pas le moins du monde de grandes œuvres élaborées dans le vertige solitaire de l’être. Ne citons qu’un nom, celui de notre regretté Yves Martin.

Les HSE n’est pas une revue surréaliste . Ce projet n’est pas concevable sans sombrer dans la parodie triste et plate de ce qui a déjà été fait. Hommes sans épaules, oui ! Singes, non ! Il faut aller de l’avant.(..)

Nous avons choisi Francesca-Yvonne Caroutch et Alain Jouffroy, comme " Porteurs de Feu ", mais aussi Sarane Alexandrian, qui ouvre le bal des vampires du merveilleux, celui des Wah, par un texte au sein duquel, il tente de dégager les perspectives que peut offrir le surréalisme au poète à venir.

Nos " Wah " sont des surréalistes qui n’occupent pas encore la place qui leur revient, qu’il s’agisse de Jacques Baron (le benjamin de la première génération de surréaliste), de l’égyptien Georges Henein, tant oublié et à tort, de la merveilleuse et venimeuse Joyce Mansour, puis de Jacques Kober, de Jean-Dominique Rey ou de Jean-Louis Bédouin, poètes de la seconde génération surréaliste qui se rassembla, dès l’après-guerre, autour de Breton et de Péret, pour relancer l’Aventure avec intransigeance.

Notre dossier central s’intitule : " MARC PATIN ET LE SURREALISME ".

Il s’agit d’une pierre de l’entreprise qui entend réhabiliter la mémoire de ce poète et faire connaître son œuvre. En janvier 2005, la LGR publiera l’essai de votre serviteur (comprenant, dans sa deuxième partie, un important choix de poèmes) : Marc Patin, Le Surréalisme donne toujours raison à l’Amour (Éditions LGR).

Nous espérons que ces deux publications pourront nous conduire à la publication de l’œuvre complète. Deux volumes de poèmes sont déjà prêts : Sur la Trace des Graines... (Œuvre poétique 1938-1944), et Vivre malgré la vie (Poèmes retrouvés 1938-1943). Un troisième, également, rassemblant les essais, les récits de rêves et les poèmes en prose de Marc : Domaine d’homme (Proses 1938-1944). Marc Patin sera une découverte pour de nombreuses personnes. Nous espérons que cette découverte sera aussi bouleversante pour vous, qu’elle le fut pour nous. Mort en Allemagne, en 1944, à l’âge de vingt quatre ans, Marc laisse une œuvre abondante, inédite et sublime, qui fut saluée par Eluard, entre autres.(…)

Notre dossier, composé de quatre parties, fait revivre la mémoire et l’œuvre de Marc Patin, et nous plonge de plein fouet, dans l’époque terrible de l’Occupation nazie ; époque durant laquelle – cela est très mal connu – l’activité surréaliste s’est poursuivie avec éclat, courage et polémiques. Non, l’histoire de la poésie française de combat ne se limite pas à Pierre Seghers et à deux ou trois revues. L’action de la Main à Plume est aussi importante. Marc Patin est l’un des co-fondateurs de ce groupe, mais aussi sa plus grande révélation poétique, avec Maurice Blanchard.(…)

" Arrêt sur la prose " nous permet de retrouver André Breton dans une lettre adressée à notre cher Guy Chambelland, à propos d’un numéro du Pont de l’Epée consacré à Xavier Forneret. Sarane Alexandrian emboîte le pas de son illustre ami, avec un texte inédit, au sein duquel il reconsidère sa relation avec le mouvement qui a changé sa vie et auquel il a toujours été fidèle.

" Le Poème du merveilleux ", entend faire découvrir ou redécouvrir le discret mais très talentueux peintre et poète Hervé Delabarre.(…)

Nous terminerons comme d’habitude avec " La Moelle des arbres " et des notes de lecture signées par Karel Hadek (un poète et critique franco-tchèquo-hongrois, un européen quoi ! qui vient de nous rejoindre), Jacques Taurand, Paul Farellier, et Jean Breton.



Appuyez sur la touche  (début - home) de votre clavier pour revenir en haut de page.

Textes © 2004 à 2008 HSE - Conception et Photos © 2004 à 2008 LGR et JMR